jeudi 31 mars 2011

Souvenirs, souvenirs

En mars 1996 disparaissait Monsieur Walter Kaaden, le pére du deux temps moderne, le père spirituel de tous les deux temps de course qui de 1960 à 2012 (avec la disparition programmée des GP 125) ont enchanté notre esprit et nos sens (quoique la mélodie un rien scie circulaire du 2 temps puisse  s'avèrer contestable par quelques esprits chagrins).

Homme de fidélité et de convictions, pilote, ingénieur, team manager, il a porté à bout de bras les MZ de course jusqu'à leur retrait en 1976. Dans cette incroyable épopée, véritable drame Shakespearien avec ses succès (13 victoire en GP), ses amitiés transcendant tout, 
ses drames, ses éspérances déçues, ses trahisons les plus cruelles,
il aura réussi à la fois à faire face avec une passion  inoxydable aux contraintes sovietoïdes de son lieu et de son temps et à résister aux sirènes de l'ouest et de l'exil,  avec leurs ponts d'or et - mieux - leurs moyens techniques illimités souvent irrésistibles pour un technicien.

Homme finalement incroyablement libre et honnète, Walter Kaaden fut aussi et surtout un ingénieur décisif dans l'histoire de la mécanique. Sans doute grace à sa participation aux travaux sur l'écoulement des flux dans la tuyère des premiers moteurs fusée sérieux, participation sur laquelle il fut toujours discret, il est le premier à comprendre l'importance des ondes et des résonnances, notamment en phase d'échappement, dans le fonctionnement du deux temps.
Il est aussi le premier à mettre ses théories en application avec dès 1955 le développement, certes un peu empirique (voir ci dessous, mais c'est toujours compliqué de modéliser un pot d'échapement), de ce que l'on appelle depuis le "pot de détente".

Grace à son talent, il fut et reste à jamais, le concepteur du premier moteur au monde dont le rendement théorique était d'au moins 200 cv au litre, le 125 MZ de GP 1961 :
Pas très impressionnant mais ô combien efficace, n'est pas ça la définition de l'

Pour ceux que la saga de MZ de course intéresse, je vous recommande :

mercredi 30 mars 2011

Should I stay or should I go ?

Une photo célèbre d'un surfeur shaper de légende : Greg Noll, Pipeline, Hawaï, 1960.
Pour vous permettre d'apprécier à sa juste valeur la vague finalement pas si loin que ça, il vous faut savoir que le gars en question a une vraie carrure de catcheur américain, que sa planche, la bien nommée "Elephant gun" est un 11'4, soit un machin de 3 m 50. Et encore la photo ne rend pas le bruit, mais un spot pareil n'a rien à voir avec le bruit des vagues, plutôt le tonnerre qui vient de tomber juste dans votre jardin !
C'est déja assez impressionnant comme ça, mais quand on sait qu'en plus sous l'écume, le fond est ridiculement proche, qu'il est constitué de vrais rochers coupants, que le spot est au surf ce que le TT est à la moto en nombre de morts officiels ou de "tués légèrs" ....
Personnellement, face aux mêmes éléments, je sais ce que je me dirai ;




dimanche 27 mars 2011

Fairing wings

Comme je vous sais spectateurs attentifs des grands prix moto, je suis sûr qu'avec vos yeux acèrés et critiques, vous avez remarqué lors du premier GP  l'absence pourtant par nature discrète, des délicats appendices aérodynamiques qui ornaient le carénage des Ducati GP 11 lors de leur présentation officielle, réminiscence un peu plus stylée des mochissimes tentatives menées en  2010 pour charger l'avant un rien fuyant de cette moto.
C'est à mon avis une évolution heureuse, car même si les contraintes aérodynamiques d'une moto n'ont rien à voir avec celles d'une voiture, on pouvait craindre que l'esthétique si fluide et stylée des motos de course , ne devienne aussi "encombrée" que celle des F1 modernes où la prolifération de ces falbalas d'appui cassent indéniablement la ligne. Sur le sujet combiné de l'esthétique moto et de l'aérodynamique, même si vous vous me connaissez volontiers critique, ceux qui savent  comprendront que la décence et la pudeur m'interdisent ne serait-ce qu'un tout petit  commentaire sur les réalisations en la matière de chez Japauto.

Pour en revenir aux essais d'ailerons de Ducati, ceux-ci ne sont cependant pas une nouveauté, même si les tentatives précédentes furent rares et unaniment peu concluantes. En remontant dans le temps, on se souviendra des expériences de Suzuki sur les RG 500 usines de 1978/79 (ici bien visibles en rouge sur la moto de Virginio Ferrari) ;
Le pompon de la laideur et de la brièveté revient toutefois à MV qui aux essais du GP de Spa en 1975, osa présenter ceci,  signe qu'ils étaient vraiement aux abois ;





Fatal curves : Rear end

J'adore !!!

vendredi 25 mars 2011

WSBK hommage

Le championnat de superbike ne pouvant décidement faire comme le Moto GP, ses organisateurs profitent de la manche britannique pour rappeler que la course moto c'est certes des pilotes, mais aussi et surtout des motos et même depuis toujours, de sacrées bécanes. 
D'où cette photo de Max Biaggi, pas vraiment n'importe qui,  posant très fièrement derrière pas vraiment n'importe quoi, une Raleigh de 1931.

Je trouve la démarche sympa et encore plus sympa de mettre un petit coup de projecteur sur cette marque pas nécessairement la plus connue ou la plus glorieuse de la constellation des fabriquants de monos de course britanniques. Si la qualité de la photo le permet, vous vous intéresserez peut être à ce moteur, le dernier moteur de course de la marque avant qu'elle vire définitivement  "vélo", mais aussi un des plus soignés de l'époque avec notamment sa triple pompe à huile et ses circuits d'huile externes caractéristiques de ce modèle, si décriès en leur temps.

mercredi 23 mars 2011

Souvenirs, souvenirs

Il y a tout juste  trente ans, Mike Hailwood  disparaissait avec sa fille dans un banal accident de la route. Ce champion extraordinaire au talent naturel, au plaisir de rouler et de gagner non fins, au palmarès éblouissant glané sur un nombre hallucinant de machines à deux et quatre roues et contre des adversaires du plus haut niveau, a tout au long de sa carrière fasciné les foules, les aficionados et fait couler beaucoup d'encre dans la presse et chez les éditeurs.

Il vous sera aisé de découvrir ou de redécouvrir les facettes de son talent en lisant, au choix :
En sus du célèbrissime livre de J. Bussillet sur Hailwood et la Honda 6 déja présenté, vous pourrez aussi agrèablement vous imprègner de sa "période Honda" en feuilletant le livre de Mick Woollett sur les Honda usines de 1959 à 67 qui est avec ses merveilleuses photos noir et blanc, un des plus beaux livres jamais édité sur le thème de la course moto :


lundi 21 mars 2011

Fomule magique

Pour réinsuffler de la joie dans ce blog après quelques publications d'une rancoeur suspecte, limite sénile, je vous invite à découvrir l'inconstestable formule magique qui va vous illuminer la vie :

B cube

Bikes, Beach, Bikini
ça marche aussi avec BSA, Beach, Blonde
et encore avec Bikes, Beach, Babeth, Béatrice ou Brigitte ... mais c'est alors plus personnel

samedi 19 mars 2011

Shakespeare avait raison ou la malédiction du 6 cylindres

"Le jour radieux décline et nous entrons dans les ténèbres"
C'est de Shakespeare dans je ne sais plus quoi, ce qui n'a d'ailleurs aucune importance, et c'est ce qui me vient à l'esprit lorsque, un jour comme aujourd'hui, une grande marque de motos lance avec fierté son vaisseau amiral, censèment représenter la quintescence de son savoir faire, le summun de leur conception de l'alliance optimale forme-fonction saupoudrée d'originalité et de plaisir.
Regardez bien l'engin ! Sans insister sur l'isolement du conducteur, je n'ose pas dire pilote, quelque part perdu au milieu de toutes ces excroissances (et encore, je fais confiance au marketing pour avoir fait la photo avec un de ces grands et gros vikings dont le délassement hebdomadaire passe par un enduro piègeux avec les twins de la marque), sans même revenir sur les formes et couleurs Panzer de l'objet, après tout, tous les gouts sont dans la nature, la fiche technique du bidule me fait froid dans le dos ; le poids d'un paquebot (350 kg "déclarés" par le constructeur, soit le double de ma Bonneville), l'empattement d'un autobus (20 cm de plus qu'une moto standard, notez la distance entre les pieds du conducteur et l'axe de roue avant), bourré de trucs anti-tout (un jour prochain on va nous vendre un gadget anti angle), le prix de trois voitures citadines ou d'une berline de marque .... 
Je ne vois dans tout ça, au sens premier du terme, que matière  à désespérance,  qu'une démonstration flagrante de la navrance absolue de l'évolution des motocyclettes modernes. Bref, malgré les flonflons entrainants de la pub, j'ai du mal à m'esbaudir autrement que d'effroi et d'étonnement devant la conception d'un tel machin. L'annonce d'une déclinaison possible en plusieurs autres modèles, le jeu habituel de la surenchère entre constructueurs, me font même pressentir un futur "motocycliste" particulièrement sombre, d'où vous en conviendrez, la réminisence Shakespearienne!

Et la malédiction du titre, me direz vous, cher, perspicace et résistant lecteur ?
Je pense qu'il ne peut plus y avoir que ça comme explication vraissemblable lorsque l'on constate que parmi tous les six cylindres de série, quel que soit le constructeur, pas un, pas un seul, n' a donné vie à une moto ne serait-ce que normale !
Sans m'étendre sur la nouvelle BMW dont vous aurez compris que je n'en suis pas de prime abord un grand fan, je me souviens que la Benelli  n'était déja qu'une Honda bouffie et mal ficelée, la Kawasaki un gros parpaing à roues, la Honda CBX un mélange de difformité et d'hypertrophie, la Goldwing .... quoique celle là, n'ayant pas le permis lourd, je pense ne l'avoir jamais vraiment regardée !
Finalement, Dieu existe et il roule en moto, sans doute même en Triumph de chez Meriden.

mercredi 16 mars 2011

Be Clark

Quand son cabriolet Dusenberg passait en révision, que faisait Clarck Gable ? Il roulait en moto, mais pas sur n'importe qu'elle moto !
Quand on a ses habitudes chez le constructeur d'auto le plus classe (et le plus cher) des USA, qu'il vous a concocté une petite deux places entièrement originale d'à peine 8 mètres de long dont  5 de moteur, avec une trappe sur le coté conducteur pour ranger direct ses clubs de golf sans avoir à se donner la peine d'aller ouvrir le coffre, on ne va pas rouler sur une pétrolette, on a LA moto.

Et cette moto ultime, c'est la fantastique 1000 Ariel 4 cylindres en carré, un luxe, une audace, une rareté encore inégalée aujourd'hui.

Si ce mode de vie vous parle, vous séduit, il peut devenir réalité grace à votre blog préféré. Nous n'avons pas la Dusenberg, hélas, mais nous pouvons vous vendre une somptueuse et étonnament fraiche 1000 Ariel, la même que celle de Clark. Pour la moustache, malheureusement nous ne pourrons rien pour vous.


Si vous êtes intéressé, un mail à mecaniqueetconvictions@hotmail.fr

Be Fonzie

Vous avez adoré la série culte "Happy days" !  Vous avez toujours voulu avoir la moto du mec le plus cool du monde ! Vous en aviez même fait la maquette !

Rangez votre scooter, votre désir moto le plus fou est aujourd'hui possible grace à votre blog préféré. Nous pouvons vous vendre, que dis-je, vous céder, vous transmettre, une authentique Triumph TR5 Trophy, LA moto de Fonzy mais aussi la moto qui a gagné quasi sans interruption les ISDT du début des années 50. Bref une icône mais aussi un outil, qui plus est dans un état incroyable.


Si cette occas en or vous intéresse : un mail à mecaniqueetconvictions@hotmail.fr


lundi 14 mars 2011

Fatal curves 4 : Histoire d'eau

J'ai toujours été frappé par l'aspect concentrationnaire des piscines municipales, lieux anguleux, laids,  froids où résonnent les sifflets et les cris et où s'impose un code vestimentaire délirant.  
Pour les pauvres pères condamnés a y accompagner leurs nains qui dans leur juvénile insouciance sont bien les seuls à s'y amuser,  il y a désormais l'absolue obligation de participer au sauvetage de l'industrie du moule-couilles dont on aurait pourtant presque pu croire le déclin consommé grace à la raréfaction (bénie des dieux) des compétences maternelles en matière de tricotage de maillot en laine et à l'avènement salutaire du boxer short hawaïen.
Cette uniformisation monstrueuse des garçons, vaguement justifiée pour des raisons d'hygiène est d'autant plus insoutenable qu'elle est dicriminatoire. Les filles sont en effet libres de se pavaner dans le maillot de leur choix. Pour gommer cette nième insupportable rupture d'égalité, je propose donc que désormais, les filles soient astreintes a porter la tenue suivante :
Cette remise à niveau évidente qui devrait susciter de nombreuses pétitions et normalement être plébiscité par tous les maires  aurait aussi des chances d'augmenter le taux de fréquentation masculine de ces établissements, chroniquement en déficit et donc de réduire les impôts locaux.

Dans le même esprit je suggère aussi d'envisager très sérieusement la question du vestiare unique voire la suppresion pure et simple du vestaire comme dans les piscines privées avec pour résultante outre des économies substantielles sur l'entretien et le nettoyage de locaux disparus, la perspective de scènes aussi simples, naturelles et totalement de nature a rétablir la communication entre les êtres, que :
En attendant, je suggère donc le boycott de ces établissements où les droits les plus élèmentaires de l'homme ne sont pas pris en considération.

jeudi 10 mars 2011

Souvenirs, souvenirs

Il y a tout juste 8 ans disparaissait Barry Sheene.
On a déja tout dit de la carrière et pour la première fois dans ce sport, de la vie, de cet immense champion.
Icône absolue des années 70/80 au talent immense et au courage insensé, véritable première rock star de la moto, bète de course et oiseau de nuit sur fond de jet set, lieux à la mode, mannequins et bagnoles tapageuses, incroyablement "politiquement incorrect" (au regard des affligants canons actuels), il fut aussi et surtout le pilote emblématique d'une génération à cheval entre deux époques et un leader de l'évolution du sport moto.

Il émerge à une époque où depuis toujours les paddocks sont ouverts, où les pilotes touchent eux même leurs motos, où tout n'est pas "corporate", où les numéros changent à chaque course au hasard (quoique, sur la photo desous, on peut s'interroger...), où il est normal, évident, de rouler dans plusieurs catégories ...
Mais c'est ausi une période où la sécurité est plus une revendication naissante qu'une réalité concrète, où les pneus se développent infiniment moins vite que les puissances à passer, où les pilotes et tout particulièrement Barry Sheene, paient cher et cash leur passion et leur mode de vie.
Mais c'est aussi une époque nouvelle annonciatrice de ce que sera un jour, en moins décontracté et moins rigolo,  le moto GP. Désormais la course moto sera pour toujours en couleur avec des numéros fétiches, des intégraux sur les pilotes dessus et des gonsesses canons autour. Ce sera des courses sur tous les continents, beaucoup de motos d'usine mais aussi et c'est nouveau, de gros teams, de gros sponsors. Désormais il y a de l'argent dans ce sport et le comportement des pilotes, des techniciens, des organisateurs, de tout le petit monde de la course moto, va en être profondément et durablement modifié.

Il fut le précurseur de tout cela. Même si il eut des cotés obscurs ; coéquipier impitoyable, technicien conservateur,  on ne  retiendra de lui que le sourire, les victoires, la clope et le n° 7.

Au fond qui n'a pas eu ou envie d'avoir un poster de Barry Sheene dans sa chambre ?

mardi 8 mars 2011

Journée de LA femme (sur recommandation du "Doc")

A l'aube de la 2ème guerre mondiale, tout ce qui vole sérieusement au sein de la RAF, notamment les chasseurs Hurricane et Spitfire, est motorisé par un Rolls Royce Merlin.  Ce moteur appelé à devenir célèbre, souffre cependant d'un léger défaut de conception passé un peu inaperçu au moment de sa phase de mise au point qui se termine en 1937/38. Bien que généreusement suralimenté, il est toujours gavé par de solides et classiques carburateurs, contrairement à son concurrent et bientôt coriace adversaire, le Mercedes du Messerchmidt 109 qui est lui, injecté. Il en résulte pour notre  pauvre Merlin une tendance aussi chronique que facheuse a couper franchement dès qu'il se retrouve soumis à des G négatifs lorsque par exemple l'avion pique brutalement, manoeuvre courante dans le combat aérien. Comprenez l'émoi et le désenchantement des pilotes anglais qui en plein voile rouge, pas forcément très haut et pas nécessairement en bonne compagnie, se retrouvent moteur coupé, en piqué, non manoeuvrant avec un machin qui en plus, peut très bien ne pas redémarrer !
Au moment où le sort de tant d'hommes va dépendre de si peu, il s'agit là d'un grave défaut, d'autant plus ennuyeux qu'il n'a pas échappé au commandement de la Luftwaffe. Le sort du monde libre va t'il basculer pour une bète histoire de ratatouillage ? Vous connaissez la suite de l'histoire, il n'en sera heureusement rien grâce à la mise au point d'un astucieux clapet ; "the miss Shilling's orifice" ainsi qu'il sera désormais connu  avec le goût inné des anglais pour doter d'un surnom évocateur le moindre bout de ferraille important.

Que diable, me direz vous,  vient faire cette longue et dramatique introduction dans un message censé apporter une contribution plus ou moins sincère aux célébrations dégoulinantes de la journée de la femme ?

Et bien, l'ingénieur dont un orifice portant le nom sera utilisé avec constance et bonheur par tout ce que la RAF va compter de pilotes et qui va accessoirement contribuer a sauver le monde, est une femme ; Miss Béatrice Shilling.
Outre ce fantastique achèvement, Miss Shilling peut être, à bien d'autres égards, considérée comme étant LA femme, la personnalité absolue qu'il est on ne peut plus juste et  malin d'honorer au moins une fois en lieu place de cette anonyme et insipide journée du 8 mars. Jugez par vous même !
Née dans un milieu modeste, son intelligence précoce et sa personnalité vont la faire remarquer et lui ouvrir les portes, ô combien étroites dans cette société britannique de l'entre deux guerres peu ouverte aux femmes, à la mixité sociale et aux hautes études techniques, d'un cursus long et difficile qui l'aménera au diplôme d'ingénieur en 1929. Aujourd'hui assez banal, ce parcours est on ne peut plus remarquable à une époque où en Angleterre il n'y a que très peu d'écoles d'ingénieurs, aucune école de design ou de management, où les ingénieurs diplômés sont rarissimes. Par exemple, chez Matchless, un des plus importants constructeurs de motos, il y en a ... un ! Alors pensez dans ce contexte, une femme ingénieur !

Par ailleurs, Miss Shilling est aussi remarquable à nos yeux de motocyclistes convaincus pour sa passion de la course. Elle sera en 1934 la deuxième femme a remporter une "gold star" pour un tour à plus de 100 mph avec sa Norton Manx (combien connaissez vous de gonzesses qui aient roulé sur une Manx?) sur l'immense et redoutable anneau de Brooklands.
Même si cette photo ne rend pas particulièrement hommage à sa féminité, il faut croire qu'elle avait du chien car elle n'acceptera la demande en mariage de son amoureux éperdu, ingénieur à ses cotés, que lorsque lui aussi aura obtenu une "gold star", ce qu'il fera en 1938. Ensemble, ils continueront a courir en moto et en voiture jusqu'en 1960.

Et puis, si en plus elle avait eu le physique de Jane Russel, c'eut été trop ! Elle aurait été la preuve vivante que Dieu n'existe pas ! Au lieu d'être un exemple, elle aurait été détéstée, du coup je la préfère presque comme ça.

dimanche 6 mars 2011

Mécanique : Apologie hot de la bielle

Espérant vous avoir ébahi d'importance avec la photo de la bielle de la 250 Honda six, je me propose d'attiser par quelques détails croustillants la fascination naissante que vous ne pouvez manquer d'avoir senti frémir en vous pour cette organe torride et fondamental dans toute mécanique.

Une extrémité enserrant le maneton, l'autre enfilée sous une jupe qui lui permet de coulisser dans le cylindre chaud,  elle a la tête qui tourne et prend son pied  au rythme constant d'allers retours seulement régulés par des histoires de friction et de lubrification.  
Quoi de plus hot que la vie d''une bielle, surtout lorsqu'elle est maitresse et ne travaille pas du chapeau !

Plus sérieusement, compromis constant entre longueur, légèreté et résistance, on peut dire qu'il y a quasiment autant de bielles que de moteurs.
Ci-dessus, une bielle de Triumph 650, bielle de dimensions assez standard, tendance gros, pour un moteur de moto, à coté d'un ensemble légèrement plus costaud pour diesel de train (un peu plus de 50kg d'excellente matière a multplier par les 12 exemplaires du moteur complet !)
La bielle maitresse avec ses six articulations des bielles secondaires, du top du luxe en matière de motorisation ; un somptueux Hispano en étoile. Notez la délicieuse canalisation d'huile rapportée.

En termes de fabrication une bielle est généralement forgée. Toujours aussi torride, elle est issue d'une pièce grossière emboutie par une matrice. Les oeilletons sont  usinés, la tête est ensuite coupée par une guillotine... comme il se doit.
De nos jours intégralement automatisé, ce process de fabrication était jusqu'aux années 60 découpé en deux phases de savoirs faire ouvriers très différents ; l'emboutissage et l'usinage. Le travail de la forge était alors considéré à la fois comme un vrai métier d'homme et un sommet de la hiérarchie ouvrière.
Une image de la forge des bielles à l'usine Gnome dans les années trente. Auriez vous été volontaire pour expliquer au symphatique et néanmoins vigoureux compagnon que son travail n'allait pas tarder à être automatisé avec de bètes machines sans âme et surtout sans carte syndicale ?

vendredi 4 mars 2011

Mécanique moto : Small is beautifull

Pour le plaisir des yeux, même si cette mécanique mythique a depuis une dizaine d'année livré quelques uns de ses secrets, l'extraordinaire ensemble bielle piston d'une 250 Honda 6 cylindres de 1966/67 :
Au dela des dimensions dont cette image donne une bonne idée, vous noterez la bielle monoboc, conception infiniment plus courante dans un moteur 2T que dans un 4T. Au passage, il faut savoir qu'il n'y a pas 6 bielles identiques sur ce moteur mais trois séries de 2, avec un diamétre de tête de plus en plus "gros" selon que l'on s'écarte que la prise de force centrale. Ce choix technique révèle l'option encore plus fondamentale d'un hallucinant vilbrequin suspendu à douze éléments emmanchés. Chaque élement comprend une masse d'équilibrage avec son maneton forgé, celui-ci s'emmanchant dans la masse suivante avec un revètement de surface  cuivré assurant la soudure sous pression (tout démontage induit donc... la poubelle), le tout calé au centième de degré. Et TOUT le moteur est aussi subtil ! Et TOUTE la moto est aussi élaborée ! Comme quoi les ingénieurs de chez Honda n'ont pas attendu le moto GP et l'électronique pour se faire plaisir et dépenser des sous en R&D.

Pour ceux que cela intéresse, on trouve régulièrement dans la presse et sur le net, des infos sur cette moto fantastique. Elle a aussi  fait l'objet de deux livres fasçinants :
L'un celui de Jacques Busillet est en français avec un contenu historico-technique et des commentaires ou analyses de qualité. L'autre fait partie d'une série de trois ouvrages techniques édités au Japon sur les moteurs Honda racing. Je ne me prononcerai donc pas sur le texte, heureusement très conçis, mais je me priverai pas de m'extasier sur les remarquables et nombreuses photos d'éclatés de moteur. Au delà de l'émerveillement procuré par l'intimité dévoilée de ces mécaniques, il est est par ailleurs très intéressant de remarquer "en creux" dans ces ouvrages, ce que Honda ne montre pas. Autant la marque est fière d'étaler ses prouesses techniques sur les masses en mouvements, sur la fonderie, les usinages, autant Honda reste discret, voire secret, sur ses systèmes de lubrification, de reniflard, de récupération d'huile, en gros sur tout ce qui participe de la gestion de la pression interne.
Conclusion : Préparateurs de tout poil, laissez tomber les pots de la mort et les arbres à cames de folie, c'est là que se cachent vraiment les ultimes facteurs de performance.