jeudi 28 juillet 2011

Enseignes de rève

Alors qu'en Europe les planches de surf se vendaient presque sous le manteau, que le concept même de magasin dédié au surf  n'avait pas encore effleuré les marchands du temple, j'étais fasciné par l'allure incroyable des surfshops californiens que l'on découvrait  au hasard des rares revues spécialisées.


Quelle esthétique, quel graphisme, quelle allure !!!
Un autre monde : des longboards présentés en long ! Pas un T.shirt !!!

Bon d'accord, nous en France, à peu près à la même époque et dans un autre genre, aujourd'hui quasi disparu, on avait ça comme devanture :

Pas le même genre de glisse, mais aussi pas mal pour rèver, non ?

vendredi 22 juillet 2011

Flying curves - Yellow birds

Tout petit déja, j'aimais les navions et avant d'en toucher des vrais en métal noble, j'en faisais des faux en plastique avec une méticulosité confinant au sacerdoce. Parmi les maquettes qui m'ont marqué je me souviens d'avoir réalisé avec un émerveillement teinté d'un zeste d'incrédulité, celle de l'incomparable, du légendaire Boeing F4B . D'abord j'avais été estomaqué par la petitesse de l'objet. J'étais même persuadé m'être fait arnaquer par Heller avec une échelle plus petite que le 1/72ème habituel.  En fait cette génération de chasseurs embarqués de la Navy des années 30 dont le Boeing est emblèmatique, se caractèrise par un format hyper compact et surtout un code couleur incroyable qui aura valu à ces très sérieux avions de combat au look de jouet, le surnom affectueux de "Yellow birds".
Une peinture sympa d'un Boeing F4 qui rend bien les proportions et le charme des mécaniques d'époque

Un impayable Grumman f3f
Ces biplans ne sont pas tous rondouillards et rigolos par hasard. Ce sont des chasseurs embarqués sur des portes avions construits au début des années trente. A cette époque les pitoyables tentatives de traités internationaux pour prévenir un futur conflit armé, limitent, en autres, la taille des nouveaux porte avions quasiment à la moitié de ce qu'ils seront 10 ans plus tard lorsqu'il ne sera plus question d'être bon élève mais simplement le plus fort. Sur ces petites unités, le biplan et le moteur en étoile sont potentiellement bien plus intéressants en termes d'espace que le monoplan et le moteur en ligne. La Navy va donc opter pour une standardisation d'architecture et de moteurs pour commissionner une génération de chasseurs minimalistes et avec le recul, réellement adorables.

Pour l'anecdocte, alors que de nos jours un chasseur embarqué n'est pas un avion spécifique mais une adaptation d'un machin multi mission, qu'en europe il n' y a guère plus d'un démonstrateur lancé tous les 10 ans et un seul programme d'avion de combat mené à "bien" en moyenne tous les 20 ans, il est proprement stupéfiant de constater qu'entre 1927 et 1938, la seule Navy a lancé  pas moins de 32 types différents de "Yellow birds,chez 13 constructeurs différents.
it's too hard !
Il est encore plus dur de savoir qu'il ne reste que quelques exemplaires de ces délicieuses et peu sérieuses machines de guerre. Imaginez un Rafale avec une nez rouge ! Peut être en aurait on vendu plus ? 


vendredi 15 juillet 2011

Strange Kawas - 2

En 72, Kawasaki lance une grande offensive internationale via les USA avec le team Hansen, ses 750 H2R aussi nouvelles que monstrueuses, ses pilotes de ... caractère (Duhamel, Nixon, Smart), son total look vert/blanc/noir si classe. Pour donner un peu plus d'envergure à son plan com. , Kawasaki opte aussi pour une participation aux courses américaines en 250 cc. , supposée gagnante dans les mains expertes de l'ex Triumphiste Paul Smart.

Kawasaki lance donc dans le grand bain, sous l'oeil déconcerté, voire carrèment incrédule, de la presse internationale qui commence à découvrir le glamour de la course US, son nouveau racer 250, délicatement nommé F5 R.

Il y a en effet de quoi s'étonner ! La nouvelle arme fatale de chez Kawa en 250 est un vrai 350 ! Dans une catégorie où depuis la disparition de la Ossa de Herrero, qui déja faisait figure d'exception, tout ce qui marche un peu fort en 250 est un twin, Kawa se présente avec un authentique monocylindre ! Il ne s'agit même pas d'un proto de la mort comme pouvait l'être la Ossa, mais c'est un moteur tout bètement issu de la série ! Et encore il ne vient même pas d'une moto de route mais d'une modèle de tout terrain, connu sous le nom de Bighorn !

Certes comme on le voit sur ces rarissimes photos (n'hésitez pas à remercier votre blog favori) il y a un cadre façon H1R, certes on voit que le machin est travaillé avec des carters spéciaux, un embrayage à sec, certes le bidule a déja un an de développement aux US, certes il profite d'une particularité règlementaire très spécifique de l'AMA. Mais quand même ! Quand on compare la surface d'ailletage de la Ossa et le cylindre classique à air de la Kawa, on pressent que le niveau de performance risque d'être difficile à tenir sur une course. L'alésage de 80,5, les montages moteur, le nombre et la taille des silent blocs, laissent augurer un niveau de vibration particulièrement coquet, historiquement peu compatible avec la notion de fiabilité.

Quelle mouche a pu piquer Kawa pour mettre de l'argent et du temps dans ce machin, car un tel niveau de développement ne peut être dû au seul investissement du team US. Ceci même si au final l'objet est  d'allure tout à fait sympathique :
Sans grande surprise, même si l'idée de départ pouvait être bonne et qu'il y a eu un commencement de compétitivté, les résultats ne furent pas au rendez vous malgré trois saisons de participation aux courses US où ce racer pour le moins atypique était strictement cantonné.
Avec le recul on peut s'étonner que Kawa n'est pas cherché de préférence à mettre les mêmes moyens dans une version suralésée du twin 125 champion du monde en 69 et encore compétitif en 70 et 71, voire à lourdement revamper leur twin A1R. Encore un des mystères de la stratègie Kawasaki.

samedi 9 juillet 2011

Fatal curves : Des cas où 1 + 1 = 1 (bien) ou 2 (moins bien)

Ainsi que vous le savez au plus profond de vous même mais que vous n'admettrez sans doute jamais en présence de votre règulière, Mobylettes et babes participent  pleinement de l'équation subtile, de l'alchimie délicate, constitutrices de l'univers imaginaire ou réel de tout bon Mec.
Suffit-il pour autant d'associer n'importe lesquels des deux de n'importe quelle façon pour obtenir quelque chose de plus fort que ce que chacune peut apporter. Pas évident ! Voici un exemple pour moi remarquablement démonstratif,  d'une combinaison de deux éléments individuellement top mais qui associés de la sorte m'émeuvent moins que ce que chacun pourrait faire séparèment :
Trop directe sans doute, une telle image pour sympathique qu'elle soit n'a pas pour moi la puissance émotionnelle de celle-ci :
Vous aurez bien sûr reconnue l'hallucinante et hautement fantasmatique blonde du non moins hallucinant film "Zabriski point" (grossière erreur, voir commentaire du Doc) ou "Point limite zéro" (cependant, ça, c'est bon).

NDLR ; Que cette image soit célèbrissime et incrustée à vie dans l'inconscient de l'internationale motarde, devrait nous conduire à nous interroger d'une part sur le paradoxe de son succès dans une communauté qui se distingue par son hyperprotection vestimentaire et d'autre part sur l'intéret douteux qu'à la presse moto à nous assèner à longueur de semaine l'essai du blouson machin en cuir de zouzou ou en gore-beurk. Sans vouloir paraitre exagèrément "Strausskhanien", je trouverai bien plus intéressante une description régulière, agémentée de photos, voire l'essai, d'un cuir de demoiselle.
Cela peut paraitre choquant ! Ce sera pour moi toujours moins obscène que le mercantilisme abject de 99% des articles de la presse spécialisée. 

dimanche 3 juillet 2011

No Ecolos - 4 - Final (si ça pouvait être vrai)

Camarades motards, ne nous trompons pas d’ennemi ! A l’heure où l’on veut nous contraindre à rouler sous des déguisements divers, n’oublions jamais qu’il en est qui veulent simplement que nous disparaissions. L’écolo, ennemi sournois par excellence, a désormais remplacé avec une efficacité bien plus redoutable, le curé qui condamnait au nom de la morale et des bonnes mœurs l’apparition des engins pétaradants qui allaient pour les décennies à venir devenir le sel de la vie de l’homo mécanicus.
Après un siècle de jouissance paisible de tout ce que le génie humain pouvait concevoir en termes de mobilité généreusement boostée par un moteur thermique, voici que désormais au nom de la nouvelle religion autoproclamée du vert, tout devient sinon carrément interdit, du moins profondément édulcoré.

Si au moins ces nouveaux apôtres ou plutôt ces nouveaux Torquemada, se paraient de la pompe habituellement conférée à ceux qui comme eux font commerce de mystères ésotériques. Si leur glaive rédempteur s’adossait à une aura éblouissante. Même pas ! A l’injure de l’interdit s’ajoute l’infamie de l’humiliation par des cuistres au look de blaireau !
Si le motard se disitingue généralement par son vêtement technique, une tenue bien plus élaborée, plus soignée que ce que croit voir le vulgus, ces nouveaux bourreaux sont eux, au mieux, d’anodins quidams au look mi trekking népalais mi vintage façon magasin populaire ex RDA. On en croise de plus en plus, déambulant  au cœur des cités (curieusement leur habitat naturel), l’air niais ou hébété, généralement en nu-pieds (à scratch pour les « purs », avec des chaussettes l’hiver), une inévitable besace dans le dos, sans doute pour avoir toujours avec eux  la « considérable » documentation technique qui fonde leur dogme et justifie leurs anathèmes. (Nota : en son temps le petit livre rouge qui avait à peu près les mêmes fonctions avait l’avantage de tenir dans la poche et consommait moins d’arbres).
Avouez qu’il y a déjà là de quoi frémir et se révolter mais le comble c’est que certains, conscients de la nécessité de rééduquer des générations accros aux véhicules à moteur, poussent l’outrecuidance jusqu’à proposer comme dans toute bonne thérapie de sevrage, de passer par un élément de substitution, de troquer nos pétrolettes inopinément polluantes pour un nouvel et exaltant moyen de locomotion combinant nature et roue :

A ce stade de l’horreur et du crétinisme sidéral, je ne vois plus que la solution de la réaction outrée et tonitruante. Je propose donc à la communauté motarde de relever la tête face aux dictats écolos, de sortir la résignation qui nous a déjà tant coûté et de réagir avec une délicate fermeté particulièrement bien adaptée à la situation et proportionnée à l’outrage.
Bref, pour une fois au lieu de décapiter les biens habillés roulant carrosse, process habituel de la révolution franchouillarde, je suggère de tronçonner en place publique quelques verdâtres moches qui vont à pied ou en vélo. Cette mission de salubrité publique n’interviendra bien sûr, on est des démocrates, qu’après un procès édifiant quoique rapide où la photo ci-dessus tiendra lieu de pièce à conviction ultime.  
Ceci ne nous permettra pas forcément de retrouver instantanément nos anciennes pratiques mais au moins cela nous fera du bien et incidemment conduira peut être ceux qui aujourd’hui nous voient en jaune a, demain, broyer du noir.

vendredi 1 juillet 2011

No Ecolos - 3

Le tout premier anathème verdâtre fut quand même un de ceux qui nous a le plus pourri la vie. Depuis le grandiose "La verte tu n’offenseras point avec ta moto de tout terrain", il est devenu quasiment nécessaire de s'expatrier ou a minima de se centrifuger très loin hors des grandes agglomérations, pour pratiquer un minimum. Et encore, presque avec mauvaise conscience, limite clandestinement ou sur des terrains pelés payants pour "jouir" d'un ersatz de ce qui  autrefois était simple, près et gratuit !
(Pour ceux qui ne me croient pas, amusez vous à repérer Saint Cucufa sur une carte !)

Fini donc la balade bucolique genre amitié virile sur fond de barbour huileux et mécaniques so british!
Au passage pour vous arracher des larmes ou vous faire baver ; imaginez vous que l'on a au bouclard la DOT du film, un  impressionnant G80CS Matchless comme celui qu'on voit furtivement et surtout une somptueuse twin Triumph "Roy Peplow replica" quasi identique à celle qui est sans consteste et quasi naturellement, la star du film.

Même sans tout ça en rayon, face aux restrictions constantes, le tout terraineux moyen, d'un naturel pourtant reconnu comme gai et primesautier, en a conçu l'idée qu'il était un rien victime d'un ostrascime douteux. De là a penser que l'énervement le guette, il n' y a qu'un pas.
.... à suivre