lundi 25 mai 2015

Damnation

Parmi les délicats problèmes que pose la recherche de l'amélioration des performances du drag, je me trouve bêtement confronté aux conséquences d'une xème étape dans l'allègement drastique du bazar ; la suppression du kick et de tout le toutim lourdissime qui va avec.

Supprimer l'objet n'est rien mais il me faut quand même garder sa fonction ; démarrer l'engin. Pas de pb me direz vous, il y a depuis quelques années, en vente libre, d'excellents démarreurs à rouleaux. Certes, il y en même un au bouclard, sauf que même copieusement verni pour en diminuer le coté abrasif, les rouleaux attaquent et usent très sérieusement le pneu de route de base.  Je n'ai donc guère envie de soumettre à une telle agression qui plus est répétitive, la guimauve carrée basse pression montée à l'arrière. L'idée, simple, est donc  d'avoir un démarreur externe venant entraîner le vilo.

En théorie, pas de problème puisque grâce au montage prévu d'une transmission primaire par courroie, le carter d'embrayage a vocation à disparaitre, laissant l'accès à la queue de vilebrequin, elle même opportunément débarrassée de toute fonction d'entrainement d'un allumage quelconque par le montage d'une magnéto classieuse sur l'arbre à cames d'échappement, donc ailleurs !

En tenant pour négligeable la question de trouver un démarreur qui va tourner judicieusement dans le "bon" sens du moteur,  je finis par me retrouver en possession  d'un démarreur externe un peu bricolé, vaguement sensé avoir servi à démarreur des GSXR survitaminée ;
Las, même associé à une batterie costaude, le bidule en prise directe s’époumone gravement  à vaincre la compression pourtant maigrelette du T140 stock !!! Un vague hoquet du twin et le moteur électrique rentre en surfusion !!!!
Qu'en conclure ; Que les 4 cylindres de chez Suz compriment du mou de veau ! Plus sérieusement  ; que la prise directe était un peu optimiste et qu'il me faut démultiplier très sérieusement l'effort du machin. Ce qui au fond n'est pas très surprenant quand on songe à l'énergie rageuse et nécessaire que nécessite un pourtant lointain kick Triumph.

A quelque chose malheur est bon ;  Démultiplier l'effort va me donner l'occasion de recycler quelques pièces de transmission primaire de Bultaco dont je possède encore et curieusement un stock conséquent :
Le petit pignon sur le démarreur, la couronne à l'attaque du vilo Triumph, la chaîne idoine pour relier les deux, quelques passes de tour, deux trois bouts d'alu et le tour devrait être joué ! 
Vous le saurez en regardant un prochain épisode des palpitantes aventures du Drag !

samedi 16 mai 2015

Sprint 2015

Monthléry Café racer 2015 approchant, je pressens que certains s'interrogent : Ne serait-ce pas la pleine période de la préparation du dragster MEC ? Voire même la fin des prépas de la mort qui tue et le cœur de la phase d'essais et mise au point divers ?

Nenni mes chers, ça glande ! Rien de tout ce qui était promis n'est prêt et ça patauge dans des tentatives pitoyables d'allègement du bidule. J'en veux pour preuve cette nouvelle et somme toute assez subsidiaire potence de carénage tout alu :
Notez toutefois que cette réalisation simplette qui donne toutefois un indéniable cachet racing à l'avant de la chose, masque mal de nouveaux et superbes tés de fourche magnésium Yam ex-usine qui rentrent tout juste dans la catégorie des plus lourds que l'air, acquis à grands frais et montés avec amour, respect et visserie titane comme il se doit.
 
Donc au final, ça avance mais pas forcément très vite (paradoxe intéressant appliqué à un tel objet).

vendredi 8 mai 2015

Le dernier des "DUKE"

Dans les années cinquante/soixante, régnaient en maitres incontestés de leur spécialité, trois grandes individualités qui se virent chacune appelée "DUKE".
 
Si personnellement j'ai toujours trouvé que ce "titre" allait à John Wayne comme une mitre à un cochon, la légitimité des deux autres; Duke Kahanamoku et Geoff Duke, m'est toujours apparue incontestable et pas seulement parce qu'ils étaient nés avec ce nom.
 
Las le dernier d'entre eux ; Geoff Duke, un des pilotes motos les plus classieux de l'histoire de ce sport, vient de disparaitre. Les plus jeunes des lecteurs de ce blog  pourront découvrir sa vie et son œuvre dans différents ouvrages, dont son autobiographie, plus ou moins encore disponibles :
 
Ils y découvriront un pilote extraordinairement moderne, complet, technique, brillantissime et modeste, au palmarès de folie. Ils y découvriront aussi sa méconnue double carrière de pilote automobile chez Aston Martin (trop classe). Ils pourront aussi méditer sur la difficulté d'être pilote moto dans ses années là en découvrant l'incroyable sanction dont il fut l'objet de la part de la FIM pour avoir soutenu un grève des pilotes, comme si Marquez était mis à pied pour 6 mois pour avoir soutenu une revendication financière des wildcards du moto3 !!!
 
Enfin pour les passionnés de la littérature moto, un petit trésor un rien compliqué à dénicher :
Une publication belge de 1955 qui en se consacrant à un sportif autre que les coureurs à vélo  belges, montre à quel point Geoff Duke était une star internationale de son époque.
 

vendredi 1 mai 2015

C'est à des petits détails comme ça qu'on est snob ou pas

C'est siglé Triumph, ça prend des tours et ça brasse du vert, qu'est-ce que c'est ?

Une vraie Triumph d'enduro comme la magnifique Cheney de mon pote Jean-Luc ?
Pas du tout, ce dont je vous parle est beaucoup plus rare :

Ma nouvelle essoreuse à salade vintage, Triumph, trouvée au fin fond d'une brocante et dont je suis très fier.
Comme le disait ce cher Boris Vian ; (voir le titre de ce post) !

vendredi 24 avril 2015

Fixation solide

En voila des écrous aviation sympas ! Pas rarissimes mais pas trop communs non plus ! Ca reste quand même des bouts de ferraille ; pourquoi donc notre blogeur favori fait-il une fixette dessus ?

En fait ces quelques écrous je les ai dans mes caisses depuis 45 ans. Ils m'accompagnent pour ainsi dire depuis toujours. Ils ont résisté à tout ; projets insensés, bricolages d'urgence, déménagements, divorce, rangements sauvages ... Ils ont toujours été là, tapis au fond de mon petit bazar.

J'ai toujours rechigné à les utiliser. Faut dire que du 10 x 150 c'est pas pour tous les jours et puis ces machins autoserrants ne se montent qu'une fois et après, c'est poubelle, mais ce n'est pas la vraie raison. En fait ils constituent la seule et unique preuve tangible de l'intérêt de mon paternel pour mes appétences mécaniques. Alors que j'avais péniblement 3 clefs dans ma boite à outils, c'est le seul truc qu'il ait bien voulu me ramener de l'usine de turboréacteur où il officiait avec conviction. Et encore, pas une poignée, non juste 6 !
 
Sans bien m'en rendre bien compte, j'ai toujours attendu une bonne, une meilleure, une vraie occasion de les utiliser et là ça y est ; le drag et ses  nouvelles platines justifient - enfin - d'y associer intimement les mânes de me ancêtres. 
Je sais, les théories du beau et de l'affleurement sont ignorées.  Plus grave, ils me font perdre un nombre considérable de grammes, alors que partout je traque l'excédent.
Je m'en fous.
Papa je t'aime !

vendredi 17 avril 2015

Think different

Vous croyez tout connaitre sur les Triumph ! Vous êtes sur qu'un moteur à quatre temps n'a pas de transferts ! Vous êtes persuadés qu'un deux temps ne peut avoir de soupapes ! Vous pensez qu'un seul compresseur suffit amplement pour gaver un moteur, même  multicylindres !
 
Vous avez sans doute raison et votre culture mécanique est grande. Toutefois, tout le monde ... quelques uns ... un ou deux, ne pensent pas comme ça et en plus ne font pas comme ça !
 
Voici que s'offre à vos regards émerveillés, le projet de jeunesse et déjà très original twin Triumph 2 temps de messieurs Rod Collett et Fred White, deux doux dingues, "backyards engineers" comme seule Albion sait les faire éclore, c'est à dire des vrais originaux mais avec une grosse expérience industrielle chez les meilleurs faiseurs britanniques ; De Haviland, Vauxhall, Cosworth ...
 
Il s'agit bien d'un deux temps dont on voit la lumière d'admission à la base du cylindre. Quand on connait le cylindre Triumph, on sent qu'il a fallu être malin et adroit pour y creuser des transferts. "On sent que le balayage ne doit pas être terrible" ne manquerez vous d'objecter à juste raison. C'est pourquoi nos pragmatiques concepteurs ont choisi de passer outre en gavant le bidule avec un compresseur par cylindre. Pour un remplissage bestial, on a rarement fait mieux et moins compliqué que les théories du bon docteur Schnürle . "Bon d'accord, mais il faut bien évacuer tout ça". Pas de problèmes, le Triumph ex-4 T étant avantageusement doté de soupapes, celles-ci vont toutes être consacrées à l'échappement. C'est génial car cela solutionne simplement le principal problème du 2T "classique" ; l'étanchéité au croisement et à l'échappement. Plus besoin de contre cône et de volumes subtilement calculés pour renvoyer une onde qui va venir fermer tout ça. Un simple ressort suffit à régler le problème. Bon d'accord c'est un peu lourd et encombrant. Il a aussi fallu réfléchir un peu avant de gentiment bricoler la distribution pour faire tourner les arbres à cames à la vitesse du vilo, mais tel quel, c'est sensationnel de clairvoyance.
 
Avouez que cette blasphématoire adaptation vous en bouche un coin ! C'est tellement
qu'on se demande pourquoi ce système n'a pas été plus développé ? Sans doute un peu parce que les concepteurs eux mêmes n'y ont pas beaucoup cru et n'ont pas insisté lourdement dans cette voie. En fait ils avaient déjà en tête un projet plus rigolo, plus original et plus classieux qu'ils poursuivront des années et des protos durant ; un moteur spécifiquement moto à chemise louvoyante !!!!

vendredi 10 avril 2015

Big wheel keeps on turnin '

Curieux moment que ce début de printemps. D’un coté on sent l’impatience et le frémissement de la saison à venir, de l’autre il fait encore un peu froid pour tester la gomme tendre et un peu moche pour se rouler dans la boue.
 
Dans cette période de latence, le motocycliste sportif moyen n’a guère d’autre solutions que de garder pour lui ses gémissements compassionnels - surtout si madame envisage avec ardeur  la sortie du WE au centre  commercial voisin – et de profiter de son avachissement prononcé dans le canapé du salon pour zapper sur la télé. Est-ce pour autant  là une occupation de nature à lui insuffler un quelconque dynamisme ? A la vue des programmes diffusés, on peut largement en douter. Du foot, des crimes, du foot, des histoires de médecins (et parfois des médecins enquêtant sur les crimes), des infos catastrophiques, du foot, des crimes, des histoires de flics (pas les flics cools des séries télé, non, les blaireaux exaltés qui courent après les bandits dans des Citroën Jumpy), des infos encore plus catastrophiques que les précédentes, du foot, des histoires d'aliens (ou de nazis selon une intéressante et inquiétante alternance), des crimes, de vraies billevesées printanières genre Tsunami, crash d'avions, requins gros comme des autobus….

Bref rien de nature à vraiment booster notre métabolisme endormi par l'absence prolongée de vapeurs d'essence.
 
Faites donc comme moi : quitte à passer votre journée devant la télé, militez pour le retour sur le petit écran de spectacles aussi exaltants qu'hautement édifiants pour les valeurs morales de notre saine jeunesse ! 
 
Militez pour le retour des grandes Trémousseuses !!!!!
 
 
Même en noir et blanc, avouez que c'est quelque chose !