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vendredi 5 septembre 2014

Back to school

Le Speedway c'est pas que des moteurs, c'est aussi un gus dessus qui tourne la poignée. On a décidé d'essayer et pour ça, le plus simple c'a été de retourner à l'école chez nos amis britanniques, vu que la discipline n'est pas trop courante sous nos latitudes.  
Là c'est la veille au soir, l'impressionnante course des pros qui fait partie de la mise en condition psychologique. Là, on on fait encore un peu les fiers :
Putain ! c'est là dessus qu'on va rouler !
 


L'habit de lumière : on dirait presque un Gille du carnaval de Binche !

Là c'est studieux ! J'espère qu'il va pas y avoir d'interro surprise !


La théorie (en haut) et la - dure - réalité (en bas) !

Et pendant ce temps là, Sam, 9 ans, faisant des ronds autour de tout ce qui roulait et nous renvoyait gentiment à notre grand âge !

On a pas beaucoup progressé mais on s'est bien marré .

Crédits photos : Denis Boussard

vendredi 4 juillet 2014

Pas si frustre que ça - 5

Comme je vous sais d'une soif inextinguible en matière de culture mécanique et que les précédents posts sur le sujet ont éveillé chez vous un vif émoi pour la créativité étonnante du Speedway, j'offre à vos regards éblouis encore quelques trouvailles significatives :
Un exceptionnel (voir l'étiquette) Wal Phillips, le tout premier champion du monde de speedway en 1936 , encore à carburateur, ce qui est étonnant de la part de ce pilote ingénieur célèbre pour s'être reconverti dans le développement et l'industrialisation d'un des premiers systèmes d'injection "moderne" pour motos.
 Un rarissime Fairchild dont j'avoue ne rien connaitre.
 Le "Schneeweis spécial" allemand de 1947, sans doute en alternative à la rareté des JAP outre manche.
Enfin un tout bête Matchless G80, qui figure dans cette lignée uniquement parce que ses marquages ont été soigneusement effacés, un paradoxe dans ce microcosme où d'habitude les marques et les noms s'affichent en grand et en fier sur toute surface un peu plane.
Et ça ; vous le reconnaissez ?
Quand on voit la créativité foisonnante qu'il y a eu autour du thème imposé du mono 4 T racing, on se prend à rêver de ce que pourrait être le Moto 3 s'il l'électronique n'y avait pas une place si importante dans la performance.

vendredi 4 avril 2014

Si vous voulez préserver la vraie vie, il vous faut de la glace et du ricin

Nombreux sont ceux qui déplorent que les à cotés des compétitions motos soient devenus inaccessibles au spectateur moyen, que les champions soient devenus des gosses de riches inatteignables enfermés dans leurs mobiles homes de luxe, que les mécaniques restent claquemurées dans des box fermés, le tout protégé par des organisations où les vigiles sont plus nombreux que les commissaires de pistes, où la passion doit se contenter, et encore pour quelques happy fews, d'hospitalty gérés au millimètre par des communicants de métier et se nourrir de déclarations formatées, insipides et identiques.
 
Sauf qu'en moto il existe encore des disciplines où tout ça n'est pas encore arrivé et qu'au lieu de râler devant sa télé, il serait plus malin d'y aller pour profiter à fond de la passion qui en fait vibrer les protagonistes et nous unit à eux. J'en veux pour preuve les "gladiators" du championnat du monde d'Ice race.


Non vous ne rêvez pas, vos yeux éblouis contemplent bien tout à la fois le mobile home et le semi du Marquez de la discipline. Un petit russe qui monte et vient tailler des croupières aux gloires établies. Mais ne croyez pas qu'il s'agit d'un underdog sous équipé, non le champion du monde a le même !!!  Ce qui ne les empêche pas de venir de Russie avec papa au volant, papa qui fait aussi office de mécano, de manager ...
Là dans le parc coureur, c'est LA moto du champion du monde, tellement accessible qu'il n'y a personne autour  pour empêcher de la toucher. C'est tellement libre que du coup on ose rien faire, juste une petite photo avec l'I phone (essayez de prendre en photo une Repsol avec votre smartphone!).
Plus incroyable encore ; là le Marquez de la discipline, Dmitri Koltakov de son vrai nom, part vite fait fouillasser dans son camion pour avant qu'on reparte, nous donner des flyers dédicacés en souvenir. Ceci la veille d'une double manche de championnat du monde alors que le père et le fils, plutôt timides, presque gênés de ne parler que le russe, venaient pourtant de passer un petit moment avec nous, de vrais inconnus, en échangeant difficilement via un hollandais qui avait quelques rudiments des pratiques des uns et des autres. Bref avec le souci d'un vrai contact malgré plein de raisons de couper court.
 La preuve, le flyer que le champion est aller chercher. Flyer sur lequel vous constaterez que les sponsors occupent une place discrète. Et pour vous convaincre que cette discipline n'est vraiment pas encore formatée, je vous laisse admirer un agrandissement de sa photo officielle :
Notez que le gars a 19 ans, ce que la montre corrobore, sinon pour le reste c'est une incroyable expression du pur, antédiluvien et grandiose style "réalisme soviétique" qu'on croyait pourtant enterré.  Comme si Guintoli distribuait des photos de lui en premier communiant  par le studio Harcourt !!!! Finalement, on peut se poser la question ; Est-ce que la redbullisation branchouille politiquement correcte apporte vraiment un plus au spectacle des grands sports mécaniques ?
 
 
 
 

vendredi 21 mars 2014

Pas si frustre que ça - 4

Grace à l'exceptionnel sens de l'hospitalité et du partage de notre ami Rick de D-CLASSICS (www.d-classics.nl), deux vues qui vont vous faire prendre encore plus conscience de l'immense et très peu connue richesse technique du speedway :
Une exceptionnelle photo du non moins exceptionnel (5 exemplaires fabriqués) 500 JWS, initiales de son concepteur. Ingénieur chez DAF, le papa de cette rareté, qui avait accès à quelques facilités, en a profité pour faire du mieux avec le top. Sur un bas moteur Jawa, il a greffé un double arbre de sa conception avec 2 soupapes d'admission et 1 d'échappement. Fonderie très propre, dessin et conception soignées, plein de tours minutes ; une beauté et une arme injustement méconnue.
En speedway il n'y a pas que les moteurs qui soient chiadés. En matière de cadres aussi il y a du pas banal ! Admirez la conception aussi ébouriffante que courbe de cette partie cycle  pour moteur horizontal.

vendredi 17 janvier 2014

Pas si frustre que ça - 3

Toujours speedway ou grasstrack mais là ce sont de vraies merveilles qui sortent clairement de "l'ordinaire" de la discipline ! Tout d'abord cette splendide JAMES britannique de l'entre deux guerres, un des rares exemples avec la Douglas de moteur twin utilisé en solo (le twin connait plutôt un joyeux succès en side ...  en soi,tout un poème)
 Plus près de nous, le très beau, très italien mais sans lendemain Benelli, dont on aurait bien voulu que la marque tire une moto de route peut être moins galère ou plus accessible que ses 3 cylindres :

Enfin pour le plaisir de frissonner en imaginant le pilotage de l'engin ; ce drôle de truc assez moche : 
 qui masque un redoutable 4 cylindres deux temps, opposés à plat, de chez König ! Patinage ; oui sans problème, traction ; euhhh !! Et à quoi peut bien servir la boite grise devant l'amortisseur ar ?
 
Enfin pour le plaisir de frissonner en imaginant la maintenance du bidule :
Un Triumph Nourrish, 8 soupapes ! Monté à plat !! Sans même un petit carter additionnel ou des canalisations externes trahissant une quelconque réflexion sur la circulation d'huile !!! Comme si le machin n'était pas déjà en soi une boite à chagrin assez réputée !!!
 

 

vendredi 3 janvier 2014

Pas si frustre que ça - 2

Le post sur les moteurs de speedway/grasstrack ayant eu un certain succès, je me permets d'en rajouter pour finir de vous édifier sur les incroyables et insoupçonnés trésors d'imagination et de fierté, qu'a pu susciter cette discipline.
 
Nos amis anglais ayant souvent eu quelques "réticences" à exporter en Europe le meilleur de leur technologie et les facéties de la guerre froide ayant  souvent perturbé l'accès aux moteurs du bloc de l'Est, des passionnés allemands, suédois, finlandais ont choisi ou été contraints de développer leurs propres moteurs :
Une ambitieuse et incroyablement moderne création du touche à tout ingénieur allemand Ludwig Apfelbeck ; un 500 culbuté à culasse radiale, double admission verticale et double échappement opposés !! 30ans avant les Honda XR et bien plus élégant !!!
Un autre moteur allemand original, le DR avec là aussi une admission au conduit presque vertical et un système très personnel de ressort de soupape en épingle.
Un autre moteur allemand, le Gayer qui reprend le très rare et original système Chater Lee de plateau à cames tournantes en bout d'arbre.
Le moderne et épuré (gain de poids) Roth. Notez que tout tient avec 4 goujons traversant bien visibles avec leurs tunnels de carters évidés 
 
Les Jawa de l'allemand GMT (de loin un des moteurs les plus laid), de l'autrichien SIWA et le Weslake allemand de SPR.
L'original Eiber suédois avec ses couples coniques dus au positionnement original de la magnéto.
Un des "bricolages" d'un autre suédois, Ralf Arvidsson, sur base ESO. Avant de réaliser un entrainement par chaine, il s'est essayé à ce très soigné système de bielles d'entrainement des arbres à cames.
Un autre suédois peu connu, le IP auquel on pourrait trouver un petit air d'AJS R7
Le TIMA finlandais, sur base Jawa.
De l'autre coté du rideau de fer, on ne reste pas inactif non plus pour pallier au manque de pièces de l'ouest :

Un JAP polonais, la moto complète et "originale" FIS
Un autre JAP de l'est, tchèque celui là, que je ne montre que pour son nom. Notez combien cette discipline incite a l'affichage fier et classieux
Un moteur russe, le UFA au trop choupinettes canalisations d'huile en volute, sans doute pour une étonnante question de refroidissement
 
 
 
 

vendredi 20 décembre 2013

Pas si frustre que ça

Le traction control, l'embrayage progressif ; des trucs de lopette peut être pas, mais des innovations techniques un rien frelatées, surement !
Le mélange hyper subtil entre la roue arrière qui patine en permanence et la recherche du grip, le paradigme du moto GP, c'est pourtant vieux comme les années vingt, époque où cependant une moto, notamment de course, n'était pas sensée et pour encore un long moment, glisser. Une exception pourtant : les motos de speedway ou de grasstrack qui se développent et prendront leur forme définitive en Europe dès les années 20. Peu connues chez nous, ces motos, injustement considérées comme rustiques, pas finies, sont pourtant l'exemple parfait de l'adéquation ultime forme/fonction, puissance et glisse. Elles n'ont l'air de rien mais en synthétisant la quintessence de ce qu'il suffit pour un moto ; un moteur, deux roues et basta, elles préfigurent d'un certain coté le moto GP d'aujourd'hui.
 
Ridicule, me direz vous, de comparer une moto moderne avec ces machins antédiluviens qui n'ont pas de freins, quasiment pas de cadre, presque pas, voire pas, de suspensions, une boite de vitesses embryonnaire. Et pourtant dans le monde de la moto, rien n'est plus prêt des problématiques essentielles d'une moto GP ; patinage et traction, qu'une moto de speedway. Sauf que là, pas d'électronique pour maîtriser la glisse, rien que du mécanique, rien que des caractéristiques moteur hyper adaptées pour aider le grand fou au guidon (le "vrai" frein) à tourner.
 
Ridicule, me direz vous, de comparer le développement moteur des moto GP avec ces gros monos gavé de méthanol, tellement figés dans le temps qu'ils n'ont semble t'il connu que deux modèles ; le JAP jusqu'aux années 70 et le Jawa depuis, Pfff !!! Et pourtant, en speedway/grasstrack la recherche permanente de la pierre philosophale patinage/traction a conduit à un développement moteur d'une richesse aussi inouïe qu'insoupçonnée, richesse dont votre blog préféré va tenter de vous présenter quelques exemples ;
 
Outre la palanquées des monocylindres britanniques de série (ou de course) qui des premiers AJS jusqu'au BSA B 40, ont presque tous servis à motoriser des machines de speedway, voire quelques monos Ducati ou Guzzi, la vraie recherche de la maîtrise patinage/traction est passée par le développement de moteurs spécifiques :

Le superbe Rudge Witworth à 4 soupapes des années du début (1920)
L'icône: le JAP (un, si ce  n'est le, premier moteur avec un conduit d'admission incliné) et ses évolutions, y compris le rare double arbre 4 soupapes.
Le plus connu, le Jawa qui commencera culbuté puis simple arbre, puis double arbre, avant de redevenir (comme le fit Guzzi sur ses monos de GP) simple arbre.
Tellement efficace, le Jawa qu'il fut copié et recopié ; Ici une version rare avec des différences subtiles à l'intérieur, l'ESO :
Et alors que vous pensiez que la moto britannique était définitivement  morte et enterrée au début des années 80, en réalité elle survit, certes petitement, grâce au speedway et à de micro-marques comme Weslake qui produira des moteurs culbutés mais aussi des simple arbre 4 soupapes (avec au choix différentes alésages et différentes courses), des doubles arbres et même des motos complètes :
Plus Brit que ça ; tu meurs !
 Trop chou, le W sur la patte.
D'autres moteurs britanniques des années 80/90 : un Cole culbuté et quelques Godden simple arbre (quelle que soit l'époque et le constructeur, le double n'a jamais vraiment convaincu) à chaine, dont ceux champions du monde avec Simon Wigg , le Rossi du speedway des années 90:

Vous n'aurez pas été sans remarquer la taille particulièrement réduite de l'ailettage de tous ces moteurs, qui développent pourtant des puissances tout à fait comparables à une bonne Manx. Ce minimalisme est permis par l'utilisation d'alcool ou de méthanol, carburants qui permettent d'avoir des combustions beaucoup plus "froides" que l'essence, donc moins de chaleur à dissiper et de façon incidente mais appréciable, moins de poids.
L'exceptionnel proto Valentine (du nom de son concepteur, fils du père des Weslake) qui reprend les développements initiés dans les années 70 (15 ans avant Yamaha) par Otto Lantenhammer sur les 5 soupapes que la FIM va aussitôt interdire :
Vous distinguerez peut être sur la photos des traces de soudure sur les ailettes. Banni du speedway, ce proto a été converti à l'essence pour d'autres utilisation, d'où le rajout bricolé d'ailettes plus grandes.
De nos jours ce sont des moteurs italiens qui depuis les années 2000, dominent la scène : les GM 
Apparemment, rien de très neuf sous le soleil mais ils sont si subtilement performants qu'ils sont imbattables. Ils ont enterré tous leurs prédécesseurs et aucun moteur de cross moderne malgré leur cartographie réglable de partout, ne leur a fait un semblant de concurrence. En espérant vous avoir alléché par ce survol très partiel d'une discipline techniquement enthousiasmante (pareils mais si différents)  et injustement méconnue.